Partager l'article ! Nanizou dans le métro (re-publication*): Petite banlieusarde, Paris, c'était un monde curieux, Et le métro, ses affiches, et surtout ...
Petite banlieusarde, Paris, c'était un monde curieux,
Et le métro, ses affiches, et surtout son odeur
Que j'humais à l'extase en fermant les yeux
Imprimée en moi, grande devenue et partie ailleurs
Je suis en manque de ce relent nauséeux
Et qui la nuit revient me mettre en sueur
Mon métro est pavé de blanche faïence
Et truffé de plaques bleues et de miroirs
Dans la bousculade des correspondances
J'attends, stoïque, des heures pour y voir
Une échancrure, une déchirure, une défaillance
D'une chemise sur une chaude chair ivoire
Dans la station blème sous le carrossage
Défilent les rames crème et azur engloutissant
Les uns en costumes, les autres en corsages
Et je suis à l'affût, comme chat maraudant
L'apparition d'un corps pas trop sage
D'un homme fin, désirable et élégant
Au détour d'un long et sinueux couloir
C'est la surprise d'un musicien et de son accordéon
Dont les notes fusent comme fumée d'un encensoir
Qui me fera rester sous terre à Odéon
Et dont les trilles me redonnent l'espoir
Que sur le quai je croiserai mon Apollon
Comme du Bellay, le célèbre Mont-Palatin
Je donnerais, contre Arts et Métiers
De bronze enserré, et le pays angevin
Contre Jourdain et ses abrupts escaliers
Et pour Pigalle et Blanche et leurs petits matins
La Joconde et le bleu de la méditerrannée
André Perchet
* republié à cause d'une corruption de l'adresse de l'article originelle
photo homdesbois