Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 13:36

Petite banlieusarde, Paris, c'était un monde curieux,

Et le métro, ses affiches, et surtout son odeur

Que j'humais à l'extase en fermant les yeux

Imprimée en moi, grande devenue et partie ailleurs

Je suis en manque de ce relent nauséeux

Et qui la nuit  revient me mettre en sueur

 

Mon métro est pavé de blanche faïence

Et truffé de plaques bleues et de miroirs

Dans la bousculade des correspondances

J'attends, stoïque, des heures pour y voir

Une échancrure, une déchirure, une défaillance

D'une chemise sur une chaude chair ivoire



Dans la station blème sous le carrossage

Défilent les rames crème et azur engloutissant

Les uns en costumes, les autres en corsages

Et je suis à l'affût, comme chat maraudant

L'apparition d'un corps pas trop sage

D'un homme fin, désirable et élégant



Au détour d'un long et sinueux couloir

C'est la surprise d'un musicien et de son accordéon

Dont les notes fusent comme fumée d'un encensoir

Qui me fera rester sous terre à Odéon

Et dont les trilles me redonnent l'espoir

Que sur le quai je croiserai mon Apollon

 

Comme du Bellay, le célèbre Mont-Palatin

Je donnerais, contre Arts et Métiers

De bronze enserré, et le pays angevin

Contre Jourdain et ses abrupts escaliers

Et pour Pigalle et Blanche et leurs petits matins

La Joconde et le bleu de la méditerrannée

André Perchet

  * republié à cause d'une corruption de l'adresse de l'article originelle

photo homdesbois

Par echalot-lover - Publié dans : vivre en ville - Communauté : le texte voyageur
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