Vendredi 3 décembre 2010 5 03 /12 /Déc /2010 13:43

Le bonheur s’apprivoise.  Il est comme un chat, il exige de la patience, de la douceur, de la persévérance, mais il ne se prend pas, c’est lui qui se donne. Quand il veut, où il veut. Là où vous ne l’attendez pas. Si vous le désirez, il vous fuit. Si vous le retenez, il vous glisse entre les mains. Si vous le contenez, il vous griffe. Laissez-le donc aller et venir dans votre demeure, s’allonger là où vous ne vous attendiez pas. Alors vous percevrez son doux ronronnement. Les objets qui vous entourent prennent soudain des airs inattendus, ils  vous apparaissent beaux, incongrus, vivants. Les bruits lancinants de l’extérieur vous parviennent comme une mélopée bercante. Les gourmandises dont vous raffolez se dotent d’une saveur indicible et le vin prendr des reliefs d’or et de rubis. L’enfant irritant se transforme en merveille du monde, l’ami que l’on perdait de vue, tiens voici qu’il téléphone. Et l’être aimé, d’habitude si  peu désireux, se love dans les couverture dévoilant des intimités oubliées. Mais qu’un hôte trop audacieux veuille le flatter, qu’un oiseau se pose à portée de ses pattes, qu’une musique lui heurte les oreilles … et il fuit par la fenêtre entre-ouverte, ne laissant derrière lui, que la marque  éphémère de ses coussinets et quelque poils dans la couverture. Alors, sur le pas de la porte, vous vous précipitez et vous égosillez “ reviens Bonheur, reviens” . Mais vous savez qu’il vous faudra patienter.

Par André Perchet Echalot-lover - Publié dans : poésie - Communauté : L'univers Magique..
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