Partager l'article ! Les entendus à la gare d'Anvers (suite): Les trains qui sifflent dans mon dos Ne me font ni chaud, n ...
Les trains qui sifflent dans mon dos
Ne me font ni chaud, ni froid
Je les brave comme un torero
(un homme assis sur un banc)
Je plais, je le sais
Mais ce n’est pas une sinécure
Des fois, je rêve d’être laid
(un play boy)
Oserais-je vous dire
Qu’un de ces deux gars à casquette
Est l’objet de mes délires
(une bourgeoise)
"Dans mon dos le train vrombissant
Ne saurait troubler mon rêve éveillé
De l'époque où j'étais enfant
(un autre homme sur un banc)
Les escaliers roulent des mécaniques
Et m’emportent sans sourciller
Au paradis, avec Lalique
(un arrivant)
Quel spectacle cette gare
On dirait que tout est fait
Pour rater mon départ
(un partant)
Flâner dans cette immensité de verre
C’est ma croisière à moi
Mon archipel, mes terres
(un habitué)
Ma caisse est maigre
Ils n’ont donc pas faim
Ces pisse-vinaigre !
(un marchand)
Cette salle rouge est une furie
Je m’y fais du cinéma
Une belle m’attend peut être à la sortie
(un rêveur)
Personne ne fait attention à moi
Cependant je suis en pleine lumière
Tant pis, je ne bougerai même pas le petit doigt
(une ado)
J’adore les vieux wagons cabossés
Qui brinqueballent les voyageurs
Et au TGV, font des pieds de nez
(un nostalgique)
Côte à côte, mais chacun sur une voie
Comme ces deux trains rouges
Jamais ça entre nous, tu me crois ?
(un amoureux)
Le quai est vide jusqu’au moindre recoin
J’ai beau cligner les yeux
Elle est parte, loin, très loin
(un abandonné)
André Perchet
Quelle belle originalité que ces mots !
J'aime beaucoup !
Bon week-end, Lyly
Bonne soirée,
Brigitte