Mardi 28 juin 2011 2 28 /06 /Juin /2011 15:00

Exercice n°28 : Rencontre du troisième type

Crée par Sophie D.A. WeLoveWords

Vous êtes une bactérie ! Clandestine, vous voyagez beaucoup et vite pour que l'on ne vous arrête pas. Intelligente, vous avez aussi un sens de l'humour diabolique : non contente de tuer, vous vous moquez. Imaginez être au chaud, comme au bistrot, dans un corps humain et rencontrer un autre envahisseur, un ver solitaire, auquel vous racontez comment vous vous êtes joué de l'Europe entière avec un concombre...Écrivez le récit acide de la bactérie à la PREMIÈRE PERSONNE sur un TON GOGUENARD et au PASSÉ, suivi de la réplique, LARMOYANTE, elle, du ver solitaire. La meilleure contribution sera en home page mercredi prochain.

 

 

Moi c'est de l'art, lui c'est du cochon

 

Il y en avait que pour lui dans les annales de médecine ! Faisait chier ! Il est connu depuis Hippocrate et a hanté tous les pots de chambres de France et de Navarre. Mais depuis quelques semaines, ce n'est plus lui le roi des colons ! N'en déplaise à feu le Maréchal Lyautey ! On s'en tord les boyaux ! Non la vedette, c'est moi ! Escherichia coli « piégé » ! Je me suis fait remarquer en Allemagne où je fis dire à bien des maris «  et chérie chia qu' au lit ». En effet, les garces qui avaient abusé du concombre ont hérité d'une tourista béton « Made in Deuschland ». Ah, je vous vois venir avec vos gros sabots …. non, elles n' ont pas mis les concombres « au four », comme vous le pensez, bande d’obsédés ! Elles les ont tripotés sur les étals et hop j'ai sauté sur leurs mains! Vous avez déjà vu une femme faire son marché ! Et vas y que je te retourne les salades, que je te renifle le cul des melons, que je te pince les miches des pêches … et les concombres, que je te les paluche pour vérifier qu'ils sont bien durs sur toute la longueur ! Une ménagère au rayon « Fruits et légumes » c'est un tatou dans une termitière, un ours dans une ruche, un Panzer au Vatican. Les légumes c'était donc l'endroit idoine pour commencer mon opération. Il me fallait une belle planque facile. Pas comme ce taré de vers plat qui va pondre ses œufs dans un porc ou un bœuf et qui met deux ans à ressortir du ladre, oui j'ai bien dit du ladre, pas du lard ! Et dans tout cet assortiment, le concombre, c'est géant ! Six-cent mille tonnes produites en Espagne, deux pour cent du montant des exportations du pays … dont un tiers en Germanie ! Comme l'a écrit un internaute inspiré « ce n'est pas une coïncidence, si le concombre est abondant au pays des castagnettes, car ils font une bonne paire ». Sauf que les Allemandes boudent les castagnettes, préférant les pommes de pins qui pendent sous leurs coucous ! Néanmoins, pour m'attaquer au pays de la rigueur et de la propreté réunies, il n'y avait pas mieux. Là-bas, le gros niais, genre plathelminthe, ne fait pas recette. Le porc est bouilli et comme l'a écrit Goethe dans un de ses plus beaux vers «  Schwein bouillu, tenia foutu ». Quand au bœuf, s'il ne fait plus de "tort aux vaches" sans ses castagnettes, il est rendu inoffensif par la généralisation du paprika dans la cuisine teutonne. Oui, hongrois rêvé ! Pour Monsieur Teniae, c'est de puis longtemps « mission impossible » que d'envahir l'envahisseur de la Pologne. Après un petit hiver chez les Ibères, à bronzer dans les serres de la région d'Almeria, je décidai donc de transiter sans hésiter vers ma cible : l'Allemagne. Le pays qui vit naître les mouvements verts ne pouvait que devenir celui des nouveaux « tourments des vers » . Je poussai le vice à m'installer sur des Cucumis sativus « bio » - avant de hanter les culs de miss. Avouez que cette blague « elle n'est  pas conne, ben dite » comme dirait un paysan de chez vous ! Bon je m'égare (de triage) ! Revenons à nos Gurke Bio. C'est ceux là que je préfère car ils sont nourris dans la « crotte », le fumier, la merde … comme vous voudrez ! Ça me rappelle mes origines et ainsi je suis moins dépaysée. Les autres concombres, ils sont cultivés en « hydroponique » - au goutte à goutte – si vous préférez, avec un petit bout de moignon de racine dans un cube de laine de roche. C'est comme à l'hosto, chez ces maraîchers conventionnels, les maladies « nosocomiales » sont pourchassées par les produits phytosanitaires des chimistes allemands. A je vous jure l' « IG Farben » sévit toujours !!! Tandis que chez les Grünens, on laisse faire les choses …. naturlisch ! Bon, c'est pas le tout … l'été est court Outre-Rhin, où vais-je aller sévir cet automne ? Hé, Ténia t'as pas une idée, toi qui a traîné tes anneaux partout ? Tu fais la gueule, t'as pas d'humour ! Viens avec moi, on ferait un sacré tandem ! L'Italie dis-tu ? Super ! Je vais appeler mon lobbyiste pour lancer la mode du carpaccio de porc et de concombre cru ! Non, je n'ai pas la berlue, quelle connerie racontes tu ? Tu veux commencer par Sylvio? Tu propose qu'on se déguise en duo de nonnes ? Sacré ver salutaire, notre association c'est pas chose courante !

Par André Perchet Echalot-lover - Publié dans : essai - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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