Samedi 11 septembre 2010 6 11 /09 /Sep /2010 11:03

Cinq heures, la nuit blême se couche

Les noceurs regagnent leurs nids

Dans l'air flottent des relents de vomis

Le wagon aurait besoin d'une douche

 

Six heures, avec de lourdes paupières

Regagnant leurs lointaines banlieues,

Des techniciens de surface espèrent

Dormir contre la vitre, un petit peu

 

A sept heures, les fades laborieux

Regardent las au loin dans le vide

Les immeubles qui strient les cieux

Et rentreront ce soir aussi impavides

 

Huit heures, le froissement des journaux

Des nombreuses classes moyennes

Qui se couchent et se lèvent ni tard, ni tôt

Et dès le lundi voient la fin de la semaine

 

Neuf heures, c'est le temps du luxe

D'aller avec les enfants jusqu'à l'école

Lire un roman ou appeler sans complexe

Pour que la banquette profite de la faribole

 

A dix-heures sortant de leurs retraites

Avec leurs valises comme complices

Ils encombrent les allées et pestent

Qu'il risque de pleuvoir demain à Nice

 

André Perchet

 

Par André Perchet Echalot-lover - Publié dans : poésie - Communauté : le texte voyageur
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