Partager l'article ! De l’or dans le placard de famille.: Le café brûlant envahit les tasses couleur de sucre, fines comme des coquilles d’œufs, com ...
Le café brûlant envahit les tasses couleur de sucre, fines comme des coquilles d’œufs, comme s’il allait les dissoudre. Annie est stupéfaite. Ces porcelaines dormaient depuis des années dans le placard, lovées dans leur emballage d’origine. « Depuis près d’un quart de siècle, se dit-elle ».Vénérées par Madeleine, sa mère, nul ne les avait touchées et chacun avait fait mine de les oublier. Aujourd’hui, elles servent pour la première fois. Est-ce parce que ce matin, on a enterré Jeanne, celle qui les avait offertes, tante et marraine de Madeleine ? Annie ose à peine boire. A la première lampée, son rouge à lèvres laisse une trace épaisse sur le fin liséré d’or. Elle tremble en reposant la tasse maculée. Elle n’arrive pas à détourner son regard de ce service. Comment se défaire de l’obsession de cette grand-tante ? Cette femme qui a marqué la famille de son emprise. Une histoire qu’Annie connaît trop bien.
En ce mois de mai 1947, les cerisiers ... suite dans " mes pages"