D’austères antres, où stagnent des grues
Comme des hérons affamés
Lorgnant sur le ventre des bateaux ouvert
Et extirpant en fardeau leurs viscères
Marchandises aux pays lointains arrachées
Mondiale entropie, business incongru
Rotterdam, Marseille, Nantes ou Lillo
L' Europe goulue a plusieurs bouches
Et se goinfre en vidant cul-sec les cargos
Aveugle sur les dessous crasseux et louches
Dans le Monde entier on entend ses rots
Et les pleurs de ses ouvriers restés sur la touche
Les papillons sortent de sa bouche
Comme des chasseurs du porte-avion
Il est mort personne n'y prête attention
Les oiseaux picorent son paletot louche
Mais je sors de ma torpeur, voilà la rue
Il est là avec son chien, et tend la main
Non il est vivant, ivre mais crève la faim
Une urbaine misère qui m' est apparue
Dans les cartons, il dort avec son chien
De ces scènes de vie, j'ai des images
Instants publiés avec de compulsifs tags
Des balises pour fixer ces moins que rien
Des papillons sortent de yeux écarquillés
Ces images qu'il m'a données, il les tient
Il est vivant, quelqu'un en a fait un des siens
Les oiseaux volent dans la bleue immensité
:
Mes textes : poèmes, nouvelles, aphorismes, chansons ... une invitation à une balade dans un imaginaire sensuel mais cruel, tendre mais sans pitié, drôle mais acide ....