Texte complet dans "mes pages "
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(inspiré d’un commentaire laissé à ma Payse « Nettoue » www .chose-biz.com)
En Bourgogne, on dit Bzançon, sans le E (comme dans " La Disparition de Georges Perrec). Que de beaux souvenirs me
restent de cette vieille ville espagnole (Victor Hugo situant sa naissance ici , le 26 février1802, écrit dans les Feuilles d’automne " Ce siècle avait deux ans … alors dans Besançon,
vieille ville espagnole...)*.
Ces souvenirs bisontins, disais-je, remontent à 1973, lorsque j'étais en Première de l'autre côté de la Saône; nous venions jusque dans votre capitale, fuyant la nôtre, Dijon, alors endormie et embourgeoisée, pour écouter des concerts et soutenir les ouvriers de chez LIP. C'est à Besançon, cette année là, que jeune militant de la JEC (jeunesse étudiante chétienne), j'ai serré la main de Michel Rocard, alors au PSU, chez les horlogers en grève. Et que j'ai serré pour la première fois un sein chaud, celui d'une amie, la main moite dans son corsage, profitant de la pénombre du concert de Maxime Leforestier. " C'est une maison bleue......" entonnions-nous tous ensemble, et sous sa poitrine, son cœur battait très fort et j'étais aux anges ! C’est aussi à Besançon que j’ai failli devenir un homme, un après ! Mais çà, c’est une autre histoire … à suivre !
*
Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte,
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte,
Et du premier consul, déjà, par maint endroit,
Le front de l'empereur brisait le masque étroit.
Alors dans Besançon, vieille ville espagnole,
Jeté comme la graine au gré de l'air qui vole,
Naquit d'un sang breton et lorrain à la fois
Un enfant sans couleur, sans regard et sans voix ;
Si débile qu'il fut, ainsi qu'une chimère,
Abandonné de tous, excepté de sa mère,
Et que son cou ployé comme un frêle roseau
Fit faire en même temps sa bière et son berceau.
Cet enfant que la vie effaçait de son livre,
Et qui n'avait pas même un lendemain à vivre,
C'est moi.
(Les feuilles d'automne, 1831)
Le café brûlant envahit les tasses couleur de sucre, fines comme des coquilles d’œufs, comme s’il allait les dissoudre. Annie est stupéfaite. Ces porcelaines dormaient depuis des années dans le placard, lovées dans leur emballage d’origine. « Depuis près d’un quart de siècle, se dit-elle ».Vénérées par Madeleine, sa mère, nul ne les avait touchées et chacun avait fait mine de les oublier. Aujourd’hui, elles servent pour la première fois. Est-ce parce que ce matin, on a enterré Jeanne, celle qui les avait offertes, tante et marraine de Madeleine ? Annie ose à peine boire. A la première lampée, son rouge à lèvres laisse une trace épaisse sur le fin liséré d’or. Elle tremble en reposant la tasse maculée. Elle n’arrive pas à détourner son regard de ce service. Comment se défaire de l’obsession de cette grand-tante ? Cette femme qui a marqué la famille de son emprise. Une histoire qu’Annie connaît trop bien.
En ce mois de mai 1947, les cerisiers ... suite dans " mes pages"
Je vous l'ai déjà dit, mon amour est beau,
mon amour est intelligent, mon amour est érotique !
Mon amour est une porcelaine, blanche tachetée de bleu.
Si mon amour était une femme, elle serait grande et belle,
avec des cheveux châtains, des yeux céruléens,
une grande bouche avec des dents qui croquent la vie.
Si mon amour était une femme, elle serait au moins Julia Roberts.
Quel prénom lui donnerai-je, Anne, Marie, Cécile
ou pourquoi pas Eluobaz ?
Si mon amour était une femme, elle serait libre et passionnée.
Elle aurait aussi quelque chose de touchant,
une faille, dont je la protégerais.
Si mon amour se conjuguait au féminin,
il aurait un visage qui prendrait mille formes.
Il aurait la tête posée dans le creux de ses mains,
son regard plongeant dans le mien,
il aurait une mèche de cheveux entre ses dents et des yeux étonnés,
il aurait les paupières plissées quand il éclaterait de rire,
il aurait des grands globes étonnés quand je le choquerait,
il aurait un air outré quand il ferait semblant d'être offusqué.
Si mon amour était une femme, elle serait mariée,
depuis très longtemps, mais modérément !
Comme moi, elle travaillerait tard le soir et tôt le matin.
Comme moi, elle aurait souffert dans son corps
et craindrait que la mort revienne tourner autour d'elle.
Comme tous les rescapés, comme tous les éclopés,
mon amour est moi saurions reconnaître la beauté de certains instants de la vie.
Mon amour aimerait rire.
Mon amour aimerait jouir !
Rien ne nous arrêterait, ni la sueur, ni le sperme, ni le sang...
Dans de grands lits, avec moi, mon amour fusionnerait.
Mais mon amour s'est ressaissi.
Un jour de mai, sur un banc du Jardin des Plantes, mon amour se sabordait.
Il décidait de retourner à la grisaille des jours de février.
Lorsque je l'interrogeai, il me confia " je suis triste mais soulagé".
Je vous ai tout avoué et donné les clés !
Mon amour est un homme, tant il est fort, tant il est décidé.
Mon amour est cruel, mon amour est déterminé.
Mon amour est absent, mon amour est négligent.
Mais mon amour veut me guérir.
C'est pourquoi il me rudoie
Mon amour ne veut pas qu'on l'aime.
Et cependant, deux êtres le chérissent, son légitime et son ancien amant.
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