J'ai demandé à la Lune
"Qu'est-ce que ça t'as fait
Quand Amstrong t'as marché dessus ? "
Elle m'a répondu
"Il avait même pas de souliers à talons"
Elle a ajouté
"Il a sautillé comme un bouffon"
Et encore ?
"Il est reparti sans m'embrasser
tel un goujat, avec sa prétention"
Puis la lune s'est tue
Je lui ai demandé
"Les sept autres, c'est toi qui les a fait sauter ?"
De la tête, elle a acquiescé
Le puits est de toujours le lieu où se croisent la vie et la mort. Enfant, à la campagne, on nous interdisait de
passer la tête par dessus les margelles. Un monstre était censé surgir, nous happer et nous entraîner au fond. C'est donc avec un malin plaisir que nous allions lorgner la surface d'eau ronde et
profonde dans laquelle notre silhouette se mirait avec difficulté. Le puits, c'était aussi, pour les malheureux, un moyen d'en finir avec la vie. On s'y jettait quand l'insupportable prenait le
dessus. Le puits devenait alors maudit et son usage proscrit aux humains. En temps de guerre, on jettait dans les puits les cadavres des vaincus et plus souvent les dépouilles des animaux
morts. L'eau devenait infecte et porteuse de maladies. Puiser l'eau était souvent la tâche des femmes, qui inlassablement extraient la vie des matrices. Plonger dans le noir, souiller,
malheureusement est plus masculin. Aujourd'hui les puits sont devenus des curiosités. Me penchant sur un des derniers de mon village, je me posai la question " Y a t-il une souffrance qui vaille de
rejoindre l'eau noire ?"
Lundi 12 avril, je meurs d'amour pour une belle qui m'échappe, le repos est-il au fond du puits ?
Paris recèle des endroits secrets. Parmi ceux qui lui donnent un air de campagne, je vous livre celui-çi, comme une confidence. Bien dissimulé derrière de hauts mûrs, les 8000 mètres carrés du
jardin de la Maison Catherine Labouré, rue de Sèvres, dans le 7 ème arrondissement, font figure d'anachronisme ! . Jardin de bonnes soeurs, il en a conservé l'âme. Une simple potager, des treilles,
une pelouse, des allées de terre. Peu de visiteurs, des mamans avec des landaus, des garnements qui jouent à cache-cache, des loubards inoffensifs et tapageurs et des amoureux à la main
baladeuse ...Chacun y trouve son espace ou son recoin !
Le café brûlant envahit les tasses couleur de sucre, fines comme des coquilles d’œufs, comme s’il
allait les dissoudre. Annie est stupéfaite. Ces porcelaines dormaient depuis des années dans le placard, lovées dans leur emballage d’origine. « Depuis près d’un quart de siècle, se
dit-elle ».Vénérées par Madeleine, sa mère, nul ne les avait touchées et chacun avait fait mine de les oublier. Aujourd’hui, elles servent pour la première fois. Est-ce parce que ce
matin, on a enterré Jeanne, celle qui les avait offertes, tante et marraine de Madeleine ? Annie ose à peine boire. A la première lampée, son rouge à lèvres laisse une trace épaisse sur le fin
liséré d’or. Elle tremble en reposant la tasse maculée. Elle n’arrive pas à détourner son regard de ce service. Comment se défaire de l’obsession de cette grand-tante ? Cette femme qui a
marqué la famille de son emprise. Une histoire qu’Annie connaît trop bien.
Le monde entier connaît le village de Gevrey-Chambertin et vénère son vin. Mais qui a entendu parler de la
"combe Lavaux" située à quelques centaines de mètres derrière le célèbre vignoble ? Cependant, passé les vignes, le miracle bourguignon continue. La pierre, le soleil et l'exposition se jouent
encore de nous, pour nous livrer un second plaisir.
Si vous connaissez l’arrière-pays des Côtes de Bourgogne, vous savez combien le soleil chauffe la terre, surtout lorsqu’elle offre sa large croupe au sud. Sur ces versants calcaires des collines et
des combes fleurissent des plantes méridionales. Pour peu que vous fassiez l’ascension d’une des ces belles pentes par une matinée de mai, vous serez écrasés par la chaleur et la lumière. Vous
pourrez vous croire en pleine garrigue. En revanche, lorsque que la pente regarde vers le nord, elle se fait froide et humide et se couvre de mousses et d’érables. Sombre comme
un corridor, froide comme une morgue, couverte d’une végétation exubérante et suintante, cette terre vous ramène vers les contrées où habite la pluie. La double face de ce pays
se retrouve également dans son histoire. Les Hospices de Beaune, construits par Nicolas Rollin, à l’époque de la splendeur des Ducs, en sont le plus bel exemple. Un toit de tuiles peintes, dorées
et brunes, belles comme les vignes en novembre, s’offre à l’astre du jour. En face, le jouxtant, un grand toit d’ardoise d’inspiration flamande se déploie comme un grand
parapluie bleu grisâtre. Cette dualité, ombre-lumière, adret-ubac, se retrouve dans la personnalité des gens de la contrée. Ainsi, dans les années soixante-dix, lorsqu’elle fréquentait le
lycée ....
Derniers Commentaires