Mardi 12 octobre 2010 2 12 /10 /Oct /2010 05:18

Des espoirs

Espoir, tu en fais vivre des quidams
Les parieurs malades du gros lot
Les moribonds gavés de placebos
Les filles perdues sur le macadam

Au grand  soir tu dopes le populo
Les éconduits rêvent de fiancée
Aux masos, tu promets la fessée
Au Sahel qu'on trouvera de l'eau

Aux petits beurs le Maillot Bleu
A la cerise de finir sur le gâteau
Tu sais nous emmener en bateau
Les désillusions à queue leu-leu

A toi je préfère la sage espérance
Plus intime et moins aléatoire
Et de mes forces me mouvoir
Plus qu'à la lune et ses errances

André Perchet

 

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photo Homdesbois dans le cadre des Lundis Ensemble

Par André Perchet Echalot-lover - Publié dans : devenir ou mourir - Communauté : Une main tendue
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Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 10:56

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 Vent en campagne


Le souffle de Dieu caressant les orges
Comme un baume pour les moissons
Au plat pays où le vin n'est pas boisson
C'est dans le vent que la bière se forge

Ce frémissement dans mes frondaisons
Mes feuilles qui ont la chair de poule
Le lierre qui sur mon tronc s'enroule
Ne remplace le temps béni des fenaisons

Ses rafales osées affolent la laîche
Elle s'agite comme une mer fiévreuse
Rythmée de vagues langoureuses
La lande adore qu'une brise la lèche

Pour les vergers n'a aucun respect
Ni pour les fleurs, ni pour les fruits
Et les fait choir durement au tapis
Sans amorti, ils ne valent pas un pet

Emportant la fertilité des terres nues
Ce vampire est une noire désolation
Levant tant de poussière par succion
Que de son érosion les anges éternuent

 

André Perchet

 

vent-andre-perchet-poeme.jpg photo Homdesbois

Par André Perchet Echalot-lover - Publié dans : vivre à la campagne - Communauté : Une main tendue
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Jeudi 7 octobre 2010 4 07 /10 /Oct /2010 01:00

Quai des brumes,

Des lumières orange

Donnent un air étrange

A l'innocent bitume

 

Que de belles brunes

Au regard d'ange

Au buffet, échangent

Leurs infortunes

 

Queue de lune

Eclaire la vieille BB

De vert habillée

Mourant sans rancune

 

Que de cheminots

Sur le chemin de faire

Déraillent des nerfs

Difficile boulot

 

Que de révoqués

De la vie ordinaire

Dorment par terre

Bousculés sans tiquer

 

Que de sans ticket

Usagers sans valises

Ont comme devise

Niquer le tourniquet

 

André Perchet

 

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photo Catherine Minala

Par André Perchet Echalot-lover - Publié dans : le monde est fou - Communauté : Une main tendue
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Mardi 5 octobre 2010 2 05 /10 /Oct /2010 10:32

 

Projet de préface à notre livre à paraître

 

Égarements

 

Le mot gare ne s'applique qu'aux trains ! C'est en quelque sorte leur écurie ! Mais pour le voyageur elles ne sont pas des refuges ! Elles sont, au contraire, le lieu de tous les égarements. Chemin perdu, situation insolite, coup de folie, perte de contrôle, objet oublié … les gares sont des espaces de perdition. Le voyageur entre de plain pied dans une autre dimension lorsqu'il pousse leurs portes. L'angoisse du train raté, de l'ami qui ne vient pas, de la grève qui met à mal les horaires, de la mauvaise compagnie … nous place d'emblée dans une situation d'intranquillité. Trouvant çà et là, des niches, des coins, des bancs pour se lover … nous y séjournons un peu plus sereinement. Le regard explore des milliers de détails, l'oreille est sollicitée par des bruits de toutes sortes et souvent pouvons-nous humer des senteurs bien à elles. Et puis, il y a les autres, ou pas les autres. La gare déserte est encore plus effrayante que la gare noire de monde. Elle montre de façon impudique tous ses orifices, ses vides, sa démesure. Lorsqu'elle est pleine, la foule masque cette vacuité et s'agitent des populations des plus hétéroclites. Des gares, nous en avons exploré des dizaines, écrit des centaines de textes, pris des milliers de photos … Aux voyageurs, aux personnels, aux machines même, nous avons prêté la parole. Ce sont, à chaque fois, des bribes de conversation que vous auriez pu surprendre et qui donnent aux images des pistes pour vous égarer. Ces mots doivent vous arracher à la pesanteur comme la vapeur faisait décoller des montres de fonte, aujourd'hui appelés TGV. Isolé dans les vapeurs de la loco, noyé dans la foule des vendredis soirs, perdu sous la maigre lueur d'un l'abri de quai ... laissez-vous égarer.

 

André Perchet Textes

 

egarements 2 minacat

 

Catherine Minala Photographies

 

 

 

Par André Perchet Echalot-lover - Publié dans : vivre en ville - Communauté : le texte voyageur
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Vendredi 1 octobre 2010 5 01 /10 /Oct /2010 10:26

Notre livre à paraître

 

egarements 3 minacat

 

Catherine Minala Photographies

 

André Perchet Texte

 

 

 

La resquilleuse verte

"Aux bords des quais
Rares sont les audacieuses
Mes copines sérieuses
Préfèrent les prés"

 

 

A toute vapeur

"Quand la voie se brouille
Et que les boggies chantent
Me vois en étoile filante
Moi la loco pleine de rouille

 

 

La presse et l'homme pressé

"Je cours toute la journée
Je ne lis que les gros titres
Comme mon café
Ma vie passe dans des filtres"

Par André Perchet Echalot-lover - Publié dans : la rue est un théâtre - Communauté : le texte voyageur
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