Mardi 12 octobre 2010
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Des espoirs
Espoir, tu en fais vivre des quidams
Les parieurs malades du gros lot
Les moribonds gavés de placebos
Les filles perdues sur le macadam
Au grand soir tu dopes le populo
Les éconduits rêvent de fiancée
Aux masos, tu promets la fessée
Au Sahel qu'on trouvera de l'eau
Aux petits beurs le Maillot Bleu
A la cerise de finir sur le gâteau
Tu sais nous emmener en bateau
Les désillusions à queue leu-leu
A toi je préfère la sage espérance
Plus intime et moins aléatoire
Et de mes forces me mouvoir
Plus qu'à la lune et ses errances
André Perchet
photo Homdesbois dans le cadre des Lundis Ensemble
Par André Perchet Echalot-lover
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Publié dans : devenir ou mourir
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Vendredi 8 octobre 2010
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Vent en campagne
Le souffle de Dieu caressant les orges
Comme un baume pour les moissons
Au plat pays où le vin n'est pas boisson
C'est dans le vent que la bière se forge
Ce frémissement dans mes frondaisons
Mes feuilles qui ont la chair de poule
Le lierre qui sur mon tronc s'enroule
Ne remplace le temps béni des fenaisons
Ses rafales osées affolent la laîche
Elle s'agite comme une mer fiévreuse
Rythmée de vagues langoureuses
La lande adore qu'une brise la lèche
Pour les vergers n'a aucun respect
Ni pour les fleurs, ni pour les fruits
Et les fait choir durement au tapis
Sans amorti, ils ne valent pas un pet
Emportant la fertilité des terres nues
Ce vampire est une noire désolation
Levant tant de poussière par succion
Que de son érosion les anges éternuent
André Perchet
photo Homdesbois
Par André Perchet Echalot-lover
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Publié dans : vivre à la campagne
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Jeudi 7 octobre 2010
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Quai des brumes,
Des lumières orange
Donnent un air étrange
A l'innocent bitume
Que de belles brunes
Au regard d'ange
Au buffet, échangent
Leurs infortunes
Queue de lune
Eclaire la vieille BB
De vert habillée
Mourant sans rancune
Que de cheminots
Sur le chemin de faire
Déraillent des nerfs
Difficile boulot
Que de révoqués
De la vie ordinaire
Dorment par terre
Bousculés sans tiquer
Que de sans ticket
Usagers sans valises
Ont comme devise
Niquer le tourniquet
André Perchet
photo Catherine Minala
Par André Perchet Echalot-lover
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Publié dans : le monde est fou
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Mardi 5 octobre 2010
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Projet de préface à notre livre à paraître
Égarements
Le mot gare ne s'applique qu'aux trains ! C'est en quelque sorte leur écurie ! Mais pour le voyageur elles ne sont pas des refuges ! Elles sont, au contraire, le lieu de tous les égarements.
Chemin perdu, situation insolite, coup de folie, perte de contrôle, objet oublié … les gares sont des espaces de perdition. Le voyageur entre de plain pied dans une autre dimension lorsqu'il
pousse leurs portes. L'angoisse du train raté, de l'ami qui ne vient pas, de la grève qui met à mal les horaires, de la mauvaise compagnie … nous place d'emblée dans une situation
d'intranquillité. Trouvant çà et là, des niches, des coins, des bancs pour se lover … nous y séjournons un peu plus sereinement. Le regard explore des milliers de détails, l'oreille est
sollicitée par des bruits de toutes sortes et souvent pouvons-nous humer des senteurs bien à elles. Et puis, il y a les autres, ou pas les autres. La gare déserte est encore plus effrayante que
la gare noire de monde. Elle montre de façon impudique tous ses orifices, ses vides, sa démesure. Lorsqu'elle est pleine, la foule masque cette vacuité et s'agitent des populations des plus
hétéroclites. Des gares, nous en avons exploré des dizaines, écrit des centaines de textes, pris des milliers de photos … Aux voyageurs, aux personnels, aux machines même, nous avons prêté la
parole. Ce sont, à chaque fois, des bribes de conversation que vous auriez pu surprendre et qui donnent aux images des pistes pour vous égarer. Ces mots doivent vous arracher à la pesanteur comme
la vapeur faisait décoller des montres de fonte, aujourd'hui appelés TGV. Isolé dans les vapeurs de la loco, noyé dans la foule des vendredis soirs, perdu sous la maigre lueur d'un l'abri de quai
... laissez-vous égarer.
André Perchet Textes
Catherine Minala Photographies
Par André Perchet Echalot-lover
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Publié dans : vivre en ville
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Vendredi 1 octobre 2010
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Notre livre à paraître
Catherine Minala Photographies
André Perchet Texte
"Aux bords des quais
Rares sont les audacieuses
Mes copines sérieuses
Préfèrent les prés"
"Quand la voie se brouille
Et que les boggies chantent
Me vois en étoile filante
Moi la loco pleine de rouille
"Je cours toute la journée
Je ne lis que les gros titres
Comme mon café
Ma vie passe dans des filtres"
Par André Perchet Echalot-lover
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Publié dans : la rue est un théâtre
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