Mardi 14 juin 2011 2 14 /06 /Juin /2011 19:51

 

paula-accident  

 

 

 

 

La panique lustre son front en sueur

L'ambulance rouge qui brille

C'est celle qui emmène sa fille

La police interroge les tueurs

 

Plus de guerre, plus d'artilleur

La chance a changé de grille

Avec la voiture la mort babille

Bleu giratoire, c'est sa lueur

 

La foi dans ces instants se fait fugitive

Et la haine en embusquée furtive

Sorcière sur son balai de genêts

 

Quitte soudain son sombre repaire

Cette enfant que rien encore ne fanait

Blêmit sous les tôles que le sang éclaire

 

* Ecrit sous la contrainte des derniers mots de chaque vers donnés par avance

 

photo : Lost in Alost

Par André Perchet Echalot-lover - Publié dans : Nostalgie - Communauté : trop dure la vie....
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Mardi 14 juin 2011 2 14 /06 /Juin /2011 15:20

 

Disneyphobie

(Schaltinienne)*

 

J'ai longtemps aimé les fêtes foraines

Les chenilles et les chevaux de bois

Les gitans qui pour un jour font la loi

Et la barbe à papa dans sa rose fontaine

 

Mais un matin on vit des terres remuées

Pour les sbires de la souris américaine

La fête s'enterrait près de Marne-la-Vallée

 

Nos rêves furent programmés et mis en parc

Harcelés par les frappes ciblées des marques

 

  Sainte Sara, tes roulottes sont remisées !


*

La schaltinienne est une forme fixe de poème, proposée par Raymond Schaltin vers 1955-1956. Cette forme peut servir à traiter des sujets de fond. Ce poème comporte un quatrain embrassé, un tercet, un distique, un vers médaillé, le tout formant un dizain de Lochac. Ils doivent être indépendants l'un de l'autre et surtout pas raccrochés, par la conjonction ET par exemple.

Le vers seul peut être un petit résumé de l'ensemble. Mais cette forme doit être redoublée pour être une schaltinienne et sur des rimes différentes. Sinon, c'est un dizain de Lochac

 

Par André Perchet Echalot-lover - Publié dans : le monde est fou - Communauté : L'univers Magique..
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Jeudi 9 juin 2011 4 09 /06 /Juin /2011 20:37

Saisissant à poumons plein
La brume lourde et fuyante
Je gardai 'un léger parfum
D'eau évaporée des plantes

J'ai glissé sous les nuages
Une main aux doigts curieux
Le velu paysage et le têtu orage
M'ont rendu fébrile et anxieux

Le cri du chat huant étincelle
Je plonge dans le traversin
Et je me blottis contre elle
Le bras en travers de ses seins

L'air vibrait en farandoles
Aveuglé par cette fournaise
Des sueurs froides en rigoles
De l'ombre contre un malaise

Eveillé aux confins de la nuit
Aux délices sucrés de l'aube
J'ai dégusté un étrange fruit
Avant qu'elle ne se dérobe

Par André Perchet Echalot-lover - Publié dans : nature - Communauté : Le Chemin des orties
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Mardi 31 mai 2011 2 31 /05 /Mai /2011 11:47

Cette semaine le défi est :  Coup d'éclat

Crée par Sophie D.A. WeLoveWords

 

Vous êtes réalisateur mais vous n'étiez pas invité au festival de Cannes. Vous y êtes allé quand même afin de trouver un producteur pour le film que vous essayez de tourner depuis trois ans. Vous avez réussi à entrer dans le palais des festival le soir de la remise des palmes et à monter sur scène. Vous faites un DISCOURS dont le but est de convaincre l'industrie cinématographique de financer votre long-métrage. Écrivez un texte ARGUMENTATIF STRUCTURÉ. Faites-nous rêver et persuadez-nous.

 

 

 

 

Madame la Présidente,
 
Mesdames et Messieurs les membres du jury,
 
Madame, Monsieur les artistes du 7 ème art,
 
 
Vous vous demandez sans doute pourquoi un inconnu tel que moi s'exprime sur cette tribune aujourd'hui. Ne riez pas, tout à l'heure vous pleurerez peut-être ! Dans cet univers clos de notre Festival de Cannes, les règles du jeu sont implicites et non écrites. L'ensemble que vous formez réagi comme une cellule. Ses défenses immunitaires repoussent les intrus ; elle se nourrit en phagocytant les plus petits qu'elle qui passent à sa portée ; son métabolisme tourne en vase clos. Pour survivre, elle a besoin de baigner dans un environnement riche et équilibré. Vous êtes, les uns les autres, les organites de cette cellule. Les scénaristes représentent le code génétique, les réalisateurs sont les ribosomes, les acteurs - pareils aux acides aminés - s'inscrivent dans un ordre qui forme les protéines, c'est à dire les films. Et la presse qui vous côtoie, incarne une sorte d'appareil de Golgi qui excrète vers l'extérieur. Ces propos, basés sur la connaissance d'une biologie somme toute très basique, vous passent sans doute au-dessus de la tête étant donné l'inculture scientifique dont la plupart d'entre-vous fait preuve. Je vous sens déjà las et inattentifs. Mais imaginez que cette cellule soit malade et que sa mort soit programmée. Quelle stratégie pourrait-elle mettre en place ? La seule issue possible est de se reproduire en se coupant en deux cellules filles. Il n' y a pas de sexualité chez les bactéries ; il n' y a que de la scissiparité. A cette occasion, l'ADN - molécule composant le noyau - est doublé, non sans risque, avant que chaque copie migre dans l'une des cellules filles. Et bien mon film, c'est cette histoire ! J'ai trouvé à chacun d'entre-vous un double parfait et j'ai réalisé un Festival de Cannes bis avec un Palmarès bis. Bien sûr, cette soirée a déjà eu lieu sur mon plateau et a été filmée. Comme vous pouvez le deviner, vos sosies campent des personnages que vous ne maîtrisez pas. Chaque cellule fille a dorénavant sa vie autonome. Vos sosies, Mesdames, Messieurs, se libèrent de tous les carcans qui vous contraignent. Faisant fi de la bienséance, des conventions, des secrets, des petits arrangements et des grandes magouilles … ils dévoilent tout. Une mutation de la cellule, lors de la division de la cellule mère, est à l'origine de ce débridement. Le film va s'intituler « Fini le cinoche ! ». Je ne doute pas que dans cette salle, il n'y ait pas un seul de vous qui ait envie de rompre cette omerta qui vous lie, par provocation, par curiosité, par envie de mettre un coup de pied dans la fourmilière, par intérêt et cupidité (car je ne doute pas du succès de mon film). Les représentants des Pouvoirs Publics ici présents s'inquiètent déjà probablement de l'effet déplorable qui résulterait du financement de cette création à l'étranger. Je vous fais cette offre exclusive en avant-première. Je vais quitter cette salle en vous laissant un numéro de portable qui va s'afficher sur l'écran, accompagné du montant du financement recherché. Vous avez toute la nuit pour réagir. Demain à 8h30, devant mon petit déjeuner, je choisirai parmi vos offres. Dans l'option improbable d'un boycott, le film sera diffusé par bribes sur Internet. La cellule poursuivra sa mutation oncogène et diffusera ses métastases assassines. Chantage, allez-vous crier ? Non.  Simplement un bon vieux réflexe de survie. Bonne soirée à toutes et à tous !


Par André Perchet Echalot-lover - Publié dans : le monde est fou - Communauté : Du mot à la phrase
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Mardi 24 mai 2011 2 24 /05 /Mai /2011 15:39

 

Dans le cadre du jeu littéraire M, le mot-dit maudit

 

Ventscontraires.net, revue collaborative du Théâtre du Rond Point lance ce défi : racontez-nous votre M, votre mot-dit maudit du moment, justifiez votre haine et dépassez-la en détournant ou remplaçant le maudit… en maximum 2000 signes.

 

 

 

Parkinson, mots maux dits

 

Parkinson, qui sonne comme « pour qui sonne » ! Pour qui sonne le glas ? En ce triste jour de décembre, lorsque le neurologue m'asséna son diagnostic, ma vie changea brutalement. Je pris conscience qu'il fallait que je traîne ce mot avec moi, jusqu'à la fin de mes jours et à tous les endroits où je serais. Parkinson c'est de l'angliche comme dirait Frédéric Dard mais ce n'est pas pour autant « in », c'est plutôt « has been ». Il l'aurait sûrement rebaptisée « parquinçon », cela aurait été plus drôle que cette maudite appellation, héritée directement du patronyme d'un médecin londonien ayant découvert la maladie en 1817. Ah, ils sont forts ces Anglais , pour toutes ces « paralysis agitans », ces tremblantes du mouton et autres maladies de la vache folle ! Parkinsonien, je suis donc. « «Sonné par qui ? » demandent les imbéciles qui feignent d'avoir mal entendu. Mais que les mal entendants ne se formalisent pas la maladie se voit très bien ! De plus avec ses trois syllabes distinctes, elle se lit très bien sur les lèvres. Et les aveugles, me direz-vous, comment font-ils ? La nature est bien faite, rassurez-vous. La maladie vous change la voix. Moins bien placée, plus lente, plus hésitante elle se fait remarquer. Quant aux culs-de-jatte, ils sont jaloux, voici des gens qui tantôt boitent ou tantôt marchent normalement. Dans quelle case les cocher s'interrogent aussi les médecins de la Sécu ? S'ils viennent à perdre leur travail, peut-on les convertir en sucreurs de fraises se demandent les énarques de Pôle-Emploi ? Les commerçants de quartier les redoutent, ils ont du mal à signer des chèques après avoir rempli leur panier. « Parce qu'un son » en laisse plus d'un perplexe ! Croyez moi, quant à être malade, achetez français, tiens une p'tite maladie de Charcot, çà vous botterait pas ? En prime, vous auriez une chance de passer à l'antenne lors du téléthon ! Il n'y a pas de Parkinsonthon, c'est trop difficile à prononcer !

Par André Perchet Echalot-lover - Publié dans : devenir ou mourir - Communauté : Des mots contre des maux...
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