Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 09:37

Poésie pour enfant

 

Qui mange qui

 

Voyez combien le hérisson est mélancolique

Dans la nature, il croque les lents colimaçons

Il s'en gave et retire juste à temps son caleçon

Car le remord lui a flanqué une sacrée colique

 

Voyez le hibou qui à les nerfs en pelote

La nuit il fait des razzias chez les souris

Au petit jour, il ne retire pas sa culotte

Car d'une grosse indigestion, il vomit

 

Voyez la hyène qui cherche des chicanes

Pour bouffer que ne ferait pas cette vorace

Elle mord dans ce qui vit encore et ricane

Car elle a peur pour sa propre carcasse

 

Voyez le vautour qui a mal aux cervicales

Avec son cou il va au fond des poubelles

Mais bien souvent il vole jusqu'à l'hôpital

Car de saleté il en perd la plume de ses ailes

 

Voyez le serpent qui joue avec sa sonnette

C'est l'heure de la taupe, quel manque de pot

Mais une mue imprévue le prend à la luette

Et tout nu, on ne donne pas cher de sa peau

 

Voyez la laitue qui dit « bien fait pour elle »

Parlant de la taupe qui la croque par les racines

Elle se sent le cœur solide, se croit éternelle

Car elle oublie l'escargot et sa langue assassine

Par André Perchet Echalot-lover - Publié dans : poésie - Communauté : Le Chemin des orties
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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 06:57

Le blé

 

Le blé c'est un petit grain

On le sème en terre

Quand les feuilles mortes annoncent l'hiver

Et va donner un petit brin vert

 

Le blé c'est un épi

Tout vert au printemps

Mais tout ébouriffé de grain nouveaux-nés

Que le soleil va faire dorer

 

Le paysan va adorer

Avaler le blé dans sa grande machine

Qui crache la paille mais garde les grains

Qui vont aller au moulin

 

Le meunier dit adieu les grains

Bonjour la blanche farine

Et le boulanger dit au revoir farine

Bonjour Madame, voulez-vous du bon pain ?

 

La dame dit bonjour mes enfants adorés

Mangez tout le pain, la mie et la croûte

Vous ne savez pas ce çà coute

De faire d'un petit grain, un gros dîner

Par André Perchet Echalot-lover - Publié dans : poésie - Communauté : Le Chemin des orties
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Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 21:10

Droit de veto

Valentine Nerrer vivait seule avec son caniche abricot, seul mâle qui ne l'ait pas quittée. Tous les matins, elle le promenait près de « La Ronde des Pains » où il aimait à se soulager juste au pied de l'enseigne. La boulangère avait usé de tous les moyens : colères, menaces, insultes hautes en couleur… rien n’aurait fait dévier Valentine Nerrer de son trajet matinal, et son chien de sa station préférée. Les protagonistes s’en étaient remis à une célébrité du quartier, un vétérinaire comportementaliste. Henri Beausaume était connu bien au-delà de la ville. N’avait-il pas guéri la chèvre de José Bové de son allergie au jus de pipe ? Le hamster de Françoise Dolto de la boulimie et de l'obésité ? Et même le perroquet de Fabrice Luccinni de la dyslexie ? Mais là, il était en pleine panade. 

Qu'est-ce qui poussait l'animal à lever la patte et plus devant cette boulangerie ? Était-ce l’odeur des croissants industriels, dont on réalisait là la décongélation, qui embaumait le carrefour, évoquant celle de ses oublis quotidiens ? Ou les émanations du spay « Bois d’Orme », avec lequel le mitron faisait croire que l'on chauffait le four, réveillaient-elles le moi profond du cabot hérité des loups ses ancêtres ? La commerçante qui n’avait pas fréquenté l’École Vétérinaire de Maisons-Alfort, comme le vénérable praticien, était courroucée de ses hypothèses fumeuses qui mettaient au grand jour la réalité de « terminal de cuisson » de son affaire. Une situation qui prévalait depuis que son mari n'était plus de ce monde suite à une erreur de dosage de sa digitaline. Et plus le véto échafaudait de longues stratégies thérapeutiques, plus elle mûrissait sa solution au problème.

Tandis que Valentine tentait de tricoter un panier à crottes que le caniche aurait pu revêtir, la boulangère se fourrait dans un drôle de pétrin. Finement mêlées aux croquettes du chinchilla de son amant, le facteur, la « mort aux rats », fournie par un autre client chéri, employé aux Égouts, ferait bien l'affaire. Tel était son plan. L’écuelle mortelle fut mise pour la Saint François-d’Assise dans un parterre de fleurs du square. Lieu où l'animal avait le loisir de s' égayer sans laisse tandis que maîtresse se grillait une clope. L'anticoagulant puissant eut raison du pauvre quadrupède. Valentine le retrouva raide dans une mare de sang à son retour du travail. 

Après l’autopsie, Henri Beausaume se garda bien de dévoiler son diagnostic. Mieux valait ouvrir le parapluie. Il consola Valentine en parlant d’un arrêt brutal du cœur suite à une hémorragie interne d'un anévrisme intestinal . Une fin sans douleur. La révélation d'un empoissonnement était l'aveu de l'échec de ses diagnostics en cours et du triomphe complice, ou à point nommé, de la boulangère. Sa clientèle et sa réputation ne pouvait qu'en pâtir ! 

Quelques semaines après, la boulangère mourut emportée par ses règles, un flux de sang incontrôlable. Le mitron fut arrêté par la Police. Poussé par sa patronne à faire des économies sur tout, il avoua qu'il avait cru bon de sucrer la part de tarte aux pommes qui lui préparait chaque matin avec ce fond de sachet trouvé dans le buffet. On ne le cru pas, fut incarcéré et accusé également de la mort du mari. On le retrouva pendu dans sa cellule. Valentine troublée par la similitude de ces morts hémorragiques et inconsolable de la perte de son toutou se jeta sous le Métro à l'occasion d'un énième chagrin d'amour.

Henri Beausaume est maintenant installé dans les beaux quartiers. Il exerce son art sur les animaux de compagnie victimes des couples monoparentaux, de la garde partagée et des alliances homosexuelles.

Par André Perchet Echalot-lover - Publié dans : nouvelle - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 21:15

 

A la ferme sous un hangar

Un cheval et un tracteur

Cherchent la bagarre

 

Tu es bien vite fatigué

Moi je ronfle jour et nuit

Si mon réservoir est rempli

 

Moi sans essence

Je cultive la terre avec bon sens

Et mon crottin ne pars pas en fumée

 

Mais les dimanches, t'es nourri

Qu'il pleuve, qu'il neige, qu'il vente

Faut voir ce que tu engloutis

 

Je ne suis pas un gros balourd

Avec des pneus crantés quand je laboure

Pour la terre j'ai de la délicatesse

 

Au paysan, tu montre tes fesses

Dans ma cabine il regarde la vidéo

Et je ne lui casse pas le dos

 

Moi, j'ai des fers aux pieds

Toi t'es fier car t'es plein de chevaux

Avec tes gros sabots tu te prends pour une auto

 

Tu passeras un sale quart d'heure

Quand ta carcasse sera chez l’équarrisseur

Tu vois, j'aime te mettre en boîte

 

J'ai la vie en moi, je mords dedans

J'ai vécu avec une belle jument

Et des poulains pour enfants

 

Vivant, t'as le mors aux dents

Tes enfants on en fait du steak haché

Moi au moins je serai recyclé

 

Tu auras l'air fin chez le ferrailleur

Quand il t'aura mis à la casse

Tu vois, t'en es tout déboulonné

 

Inutile querelle, je vide ce hangar

Bientôt à la retraite, j'en fais un palace

Chevaux, tracteurs, faites de la place

Écoutez la nouvelle : je roule en Jaguar

 

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Par André Perchet Echalot-lover - Publié dans : poésie - Communauté : L'univers Magique..
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Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 20:30

La viande

 

Tu n'as pas faim, ma petite chérie

Alors au moins, mange ta viande

Conseille la maman, avec pédagogie

 

Mange ton steak mon bonhomme

Le sang,c'est bourré de fer

Clame le papa, autoritaire

 

Le steak saignant où l'avez-vous coupé

Dans la vache que l'on a flattée en arrivant ?

Demandent les enfants 

 

Non dans les fesses du boucher

Et le jambon, lui il pousse au plafond

Dit un passant plaisantin

 

Ils ne connaissent que les hamburgers

Mais pas encore ma gibelotte

Se vante la fermière table d'hôte

 

Faut que j’aiguise mon grand couteau

Et je prépare un bol pour le sang

Précise le paysan bourreau

 

Le lapin est un animal de compagnie

On ne peut pas en manger

S'écrie le couple d' à côté

 

Le poulet avant d'être en blanc

Il courrait après les poulettes

Glousse un voisin encombrant

 

On ne connait bien que ce que l'on tue

On sait au moins ce que l'on mange

Dit l'aïeule qu'on n'avait pas vue

 

Faudrait que chacun visite un abattoir

On a tous le droit de savoir

Se permet une poule qui n'était pas invitée

 

Je veux bien mourir pour nourrir

Mais par pitié sans souffrir

Confesse, un mouton bouclé

 

Viande de cheval, casher ou hallal

Faut respecter les sensibilités

Affirme un veau sur-doué

 

Respecter aussi toutes les minorités

Autruches, bisons, cailles et chevreaux

Bégaye un escargot décongelé sans rien sur le dos

 

Nous qui vivons en appartement et sédentaires

En grand air ce serait enfin tout bon pour le cochon

Déclare, un porc étudiant vétérinaire

 

Je veux bien être plumée à Noël

Mais pas gavée de soja OGM américain

Menace une dinde sans label

 

Je vous garderai mes côtes à désosser

Si on me garantit mon pré français, mon foin bio ou AOC

Revendique un bœuf syndiqué

 

On ne peut pas être des milliards en ce monde

Faudrait toute la terre pour nous nourrir

Prévient un pigeon perché sur un tapis de fakir

 

Pour finir en beauté sur votre table

Dégustez comme des gens responsables

Conclut une oie blanche délurée

 

Mangez et savourez tant que c'est chaud

La viande c'est un plat à respecter

Insistent l'ensemble des fiers animaux

 

 

Par André Perchet Echalot-lover - Publié dans : poésie - Communauté : Des mots contre des maux...
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