Si vous connaissez l’arrière-pays des Côtes de Bourgogne, vous savez combien le soleil chauffe la terre, surtout lorsqu’elle offre sa large croupe au sud. Sur ces versants calcaires des collines et
des combes fleurissent des plantes méridionales. Pour peu que vous fassiez l’ascension d’une des ces belles pentes par une matinée de mai, vous serez écrasés par la chaleur et la lumière. Vous
pourrez vous croire en pleine garrigue.
En revanche, lorsque que la pente regarde vers le nord, elle se fait froide et humide et se couvre de mousses et d’érables. Sombre comme
un corridor, froide comme une morgue, couverte d’une végétation exubérante et suintante, cette terre vous
ramène vers les contrées où habite la pluie. La double face de ce pays
se retrouve également dans son histoire. Les Hospices de Beaune, construits par Nicolas Rollin, à l’époque de la splendeur des Ducs, en sont le plus bel exemple. Un toit de tuiles peintes, dorées
et brunes, belles comme les vignes en novembre, s’offre à l’astre du jour. En face, le jouxtant, un grand toit d’ardoise d’inspiration flamande se déploie comme
un grand
parapluie bleu grisâtre. Cette dualité, ombre-lumière, adret-ubac, se retrouve dans la personnalité des gens de la contrée. Ainsi, dans les années soixante-dix, lorsqu’elle fréquentait le
lycée ....
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