Le soir dans ma brousse
Des poèmes je trousse
Des distances, j'ai la frousse
Me manque mon "ourse"
Avec qui je prends des mousses
Et qui me flanquait de sacrées secousses
Avant d'être jalouse d'une grande rousse
Alors qu'à sa cambrousse
Elle appelle un autre à la rescousse
J'ai demandé à la Lune
"Qu'est-ce que ça t'as fait
Quand Amstrong t'as marché dessus ? "
Elle m'a répondu
"Il avait même pas de souliers à talons"
Elle a ajouté
"Il a sautillé comme un bouffon"
Et encore ?
"Il est reparti sans m'embrasser
tel un goujat, avec sa prétention"
Puis la lune s'est tue
Je lui ai demandé
"Les sept autres, c'est toi qui les a fait sauter ?"
De la tête, elle a acquiescé
Quand celle que vous aimez vous quitte et que vous ne pouvez l'atteindre à nouveau, quoi de mieux qu'une nouvelle
identité ? Sarah, dont je suis fou, est à nouveau en chasse sur le net. Malgré un changement de pseudo et une migration vers un autre site, ce fut un jeu d'enfant de la retrouver. Dès lors,
me vint l'idée de la reconquérir sous une identité d'emprunt. Un seul mail bien senti et le poisson fut ferré. Je l'invitai à me conter sa dernière histoire d'amour, la nôtre evidemment. Mais
fine mouche, elle senti l'incongruité de la demande. Elle préféra me relater deux histoires d'amour et me demander si elles étaient vraies ou fausses. Je connaissais la réponse. L'idée folle de
pousuivre ce jeu dangereux me faisait vibrer, je m'y serais perdu, détruit, mais quelle délectation. Puis me vînt le moment des remors. Nous nous étions promis de rester amis et la
poursuite de ce jeu aurait été dangereuse à cet égard. Et je lui avouai ma forfaiture. Elle me fit jurer que je ne recommencerais plus. Faisant fi de mon engagement, elle demanda à ce que mon
compte soit bloqué. Et maintenant, m'autoriserait-elle à publier ici ces deux belles histoires d'amour qu'elle a offertes à mon double ?
Tu veux jouer avec moi ? Si je gagne je t'offre le Champagne !!! Chiche !!! Aucun risque, des
centaines de kilomètres, juste une proximité électronique. Rien n’est fait. Mais c'est sans compter sur la folie, le coup de tête. Si je vais te voir, alors tu me donnes tout ton corps ? La
raison lui fait dire non. Rien n’est fait. Elle connaît peu de l’amour. Elle cède cependant ses portes tour à tour. Rien n’est fait. Amoureuse non, de me voir, elle dit qu’elle en a l’âme
heureuse. Rien n’est fait.
Mais mon cœur hélas, mon coeur est blessé, elle n’est pas lasse. Rien n’est défait, elle continue à me
panser et me penser. Ses pensées vont souvent à un autre, mais à coeur blessé. Et si l'autre revenait, tu me perdrais, je te perdrais, rien n’est défait, nous nous voulons encore, en corps à
corps, en corps encore, encore, encore! Mais rien n’est défait, l’autre je l'aime encore. C'est un fait. Fête encore de te retrouver.
Le puits est de toujours le lieu où se croisent la vie et la mort. Enfant, à la campagne, on nous interdisait de
passer la tête par dessus les margelles. Un monstre était censé surgir, nous happer et nous entraîner au fond. C'est donc avec un malin plaisir que nous allions lorgner la surface d'eau ronde et
profonde dans laquelle notre silhouette se mirait avec difficulté. Le puits, c'était aussi, pour les malheureux, un moyen d'en finir avec la vie. On s'y jettait quand l'insupportable prenait le
dessus. Le puits devenait alors maudit et son usage proscrit aux humains. En temps de guerre, on jettait dans les puits les cadavres des vaincus et plus souvent les dépouilles des animaux
morts. L'eau devenait infecte et porteuse de maladies. Puiser l'eau était souvent la tâche des femmes, qui inlassablement extraient la vie des matrices. Plonger dans le noir, souiller,
malheureusement est plus masculin. Aujourd'hui les puits sont devenus des curiosités. Me penchant sur un des derniers de mon village, je me posai la question " Y a t-il une souffrance qui vaille de
rejoindre l'eau noire ?"
Lundi 12 avril, je meurs d'amour pour une belle qui m'échappe, le repos est-il au fond du puits ?
Paris recèle des endroits secrets. Parmi ceux qui lui donnent un air de campagne, je vous livre celui-çi, comme une confidence. Bien dissimulé derrière de hauts mûrs, les 8000 mètres carrés du
jardin de la Maison Catherine Labouré, rue de Sèvres, dans le 7 ème arrondissement, font figure d'anachronisme ! . Jardin de bonnes soeurs, il en a conservé l'âme. Une simple potager, des treilles,
une pelouse, des allées de terre. Peu de visiteurs, des mamans avec des landaus, des garnements qui jouent à cache-cache, des loubards inoffensifs et tapageurs et des amoureux à la main
baladeuse ...Chacun y trouve son espace ou son recoin !
Le café brûlant envahit les tasses couleur de sucre, fines comme des coquilles d’œufs, comme s’il
allait les dissoudre. Annie est stupéfaite. Ces porcelaines dormaient depuis des années dans le placard, lovées dans leur emballage d’origine. « Depuis près d’un quart de siècle, se
dit-elle ».Vénérées par Madeleine, sa mère, nul ne les avait touchées et chacun avait fait mine de les oublier. Aujourd’hui, elles servent pour la première fois. Est-ce parce que ce
matin, on a enterré Jeanne, celle qui les avait offertes, tante et marraine de Madeleine ? Annie ose à peine boire. A la première lampée, son rouge à lèvres laisse une trace épaisse sur le fin
liséré d’or. Elle tremble en reposant la tasse maculée. Elle n’arrive pas à détourner son regard de ce service. Comment se défaire de l’obsession de cette grand-tante ? Cette femme qui a
marqué la famille de son emprise. Une histoire qu’Annie connaît trop bien.
Le monde entier connaît le village de Gevrey-Chambertin et vénère son vin. Mais qui a entendu parler de la
"combe Lavaux" située à quelques centaines de mètres derrière le célèbre vignoble ? Cependant, passé les vignes, le miracle bourguignon continue. La pierre, le soleil et l'exposition se jouent
encore de nous, pour nous livrer un second plaisir.